Pourquoi les balises grande randonnée sont-elles rouge et blanc ?

octobre 21st, 2014
 
Une balise blanc et rouge est toujours la bienvenue sur un GR. Photo prise près de la Rhune sur le GR10 français, la Traversée des Pyrénées

Une balise blanc et rouge est toujours la bienvenue sur un GR. Photo prise près de la Rhune sur le GR10 français, la Traversée des Pyrénées

 

La première réponse que j’ai eue était qu’elles s’inspirent des balises du chemin de Saint-Jacques. Les pélerins utilisaient de la craie pour le trait blanc au-dessus, et du sang pour le rouge en-dessous. Symbolisant ainsi le ciel qu’ils mériteraient en arrivant à Saint-Jacques de Compostelle, et les pieds ensanglantés, la souffrance de la route.

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Les Pyrénées en itinérance : GR 10 français ou GR 11 espagnol ?

septembre 5th, 2014
 
GR 11 : prairies fleuries au-dessus d’Estos ; au fond le massif de la Maladeta

GR 11 : prairies fleuries au-dessus d’Estos ; au fond le massif de la Maladeta

 

Je les ai traversées deux fois maintenant, les Pyrénées, de l’Atlantique à la Méditerranée. D’abord côté nord, chez nous, puis au sud. J’ai écrit un premier livre sur mes expériences sur le GR 10 (Les Pyrénées tout en marchant, chez Cairn). Et maintenant j’essaie de rassembler mes pensées sur le GR 11 ibérique. Alors, où est l’herbe la plus verte ? GR10 ou GR11?

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L’ensauvagement et les Pyrénées

juin 8th, 2014
 

Je viens de lire Feral [Devenu sauvage] de George Monbiot. Il revendique le rewilding, l’ensauvagement de la planète : la mer, le ciel, la terre et les animaux. Il pense globalement mais il vise la Grande Bretagne. Entre autre, il veut réintroduire la mégafaune (les espèces animales de grande taille). Est-ce possible ? Est-ce même une bonne idée ?

Ici dans les Pyrénées françaises et dans les départements voisins il existe toujours des exemplaires florissants de mégafaune, d’autres sont menacées, certaines ont récemment disparues ; quelques autres espèces (plus petites) ont été réintroduites sans problème. Qu’est-ce que cela nous enseigne sur l’ensauvagement ?

Le sanglier

 

Sanglier-- photo : GerardM, Wikipedia

Sanglier– photo : GerardM, Wikipedia

 

Le sanglier décroche le dix (sur dix) sur l’échelle Monbiot de pertinence, une combinaison d’intérêt écologique et d’acceptation probable : il pense que le sanglier à un beau avenir outre-manche.

Dans le département de l’Aude, où j’habite depuis vingt ans, se trouvent environ 30 000 sangliers, dont 10 000 sont tués chaque année. Mais, malgré ces chiffres et malgré les nombreux traces que j’ai vu, je n’en ai jamais vu un de près : un grognement très reconnaissable suivi d’un fort bruissement dans la broussaille est le plus près que j’ai jamais été.

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Faites entrer les dragons !

juin 8th, 2014
 

Feral: Rewilding the land, sea and human life
[Devenu sauvage : l’ensauvagement de la terre, de la mer et de la vie]
par George Monbiot

Feral par George Monbiot

Feral par George Monbiot

Sur les cartes britanniques anciennes la zone entre le monde connu et terra incognita était souvent garnie de dragons. On n’en savait pas beaucoup, mais on savait que c’était dangereux. C’est là où Monbiot a élu résidence.

Dans son livre Feral, George Monbiot nous invite dans un étrange pays habité par l’ours, le loup, l’éléphant, le lion et bien d’autres fauves.  Son discours surfe entre sa vie personnelle et l’avenir de la planète sur une vague parfois optimiste, parfois désespérée. On le retrouve sur la crête des vagues dans son kayak ou bien pataugeant métaphoriquement  dans les creux, là où les dragueurs ont détruit les fonds dans leur quête aux coquilles Saint-Jacques.

C’est un voyage troublant dans un livre bien ficelé, plein de perspicacité, même si quelques-unes des propositions relèvent de la fantaisie.

Remonter le temps

La conservation, dit-il, ne suffit pas : il faut remonter le temps, organiser l’ensauvagement, créer des zones où la nature peut trouver sa voie. Des plantes (surtout les arbres), des poissons, des oiseaux et des animaux seraient réintroduits. La grande question : quelles espèces ont droit de résidence dans le paysage britannique surpeuplé ? (Je dis ‘britannique’ mais Monbiot vise plutôt le Pays de Galles et l’Écosse.) Sa liste comprend, entre autres, le sanglier, l’ours, le loup, le lynx, le lion et l’éléphant, tous ayant vécu en Grande Bretagne dans le passé. Il veut aménager les cascades trophiques (où les grandes animaux mangent les petits) – soutenant la thèse que la réintroduction de grands prédateurs est la meilleure façon de soigner un monde naturel déséquilibré. Notre idée de la nature, poursuit-il, est informée par ce que nous avons vu en tant qu’enfant. Mais chaque nouvelle génération apporte une nouvelle dégradation. Le point de repère n’est pas fixe, il se décale. L’état ‘naturel’ de la prochaine génération est moins authentique que celui de la précédente. Un ensauvagement programmé inverserait la tendance.

Il considère chaque espèce sur sa liste, lui octroyant un chiffre sur une échelle allant d’un à dix. À en croire Monbiot, le sanglier (10/10) est très apte à la réintroduction en Grande Bretagne et va pas provoquer un lever de boucliers. Le lion, par contre, est évalué à un sur dix. Monbiot n’est pas trop optimiste sur son accueil dans les banlieues.

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Le gardien invisible de Dolores Redondo

avril 4th, 2014
 

Titre original en Castillan : El gardián invisible (Destino, 2013)

Le gardien invisible de Dolores Redondo

Le gardien invisible de Dolores Redondo

J’ai acheté Le gardien invisible de Dolores Redondo seulement parce que je connaissais la vallée où se situe l’histoire. La dernière fois que je me suis rendu à Elizondo, le lieu fatidique, je faisais la Senda Pirenaica, le GR11 espagnol. J’ai vécu trois mois dans un village voisin et depuis dix ans j’y vais régulièrement. Aussi c’était la mise en scène qui m’attirait plus que l’histoire. Au début.

Très vite l’action devient motrice et les pages tournent à elles seules. Je ne suis pas fana de romans policiers, mais certaines œuvres dépassent leur genre et attirent l’attention bien au-delà des confins habituels. Ce livre va en être une.

Elizondo et la vallée du Baztan

Pour commencer, Elizondo, dans le nord de la Navarre au pays basque, est une bourgade remarquable, bâtie sur la richesse des pâturages environnants. Dolores Redondo reconstruit pour nous les imposantes maisons de maître faites de pierre massive ; elle les entoure de la brume, la pluie hivernale incessante, les rivières et les bocages sans pour autant alourdir la page.

Son Elizondo – mon Elizondo – est une ville au bord de la modernité, avec un nouveau commissariat, une rocade et une zone commerciale. Mais la plupart des portes de magasin grincent avec l’âge ; à l’intérieur le passé attend toujours le coup de balai. Ici le carnaval n’est pas un triste spectacle touristique; les jeunes désœuvrés et masqués brandissent des tronçonneuses rugissantes défiant les autorités qui se gardent bien d’en mêler.

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Le Puig Neulós, une montagne bien-aimée

mars 24th, 2014
 
Bief de moulin

Bief de moulin

 

Le Puig Neulós est sans grand intérêt. Du moins c’est ce que je pensais jusqu’à récemment. Malgré un sommet qui s’élève à 1256m je l’ai toujours pris pour un petit monticule vert, dominé par son grand frère Canigou, deux fois et demie plus haut. La montée depuis la plaine Perpignanaise est très ordinaire, facile même. Pire, en arrivant au sommet vous êtes accueilli par des voitures et une route goudronnée.

Mais cette année je l’ai déjà fait deux fois. J’ai découvert non seulement des profondeurs insoupçonnées, mais aussi un conte dissimulé. Les profondeurs se trouvent dans un pou de neu. Le conte, par contre, est distribué entre plusieurs endroits, quoique bien visible. (Tout est caché pour celui qui ne sait pas regarder ; on vient de m’ouvrir les yeux.) Le conte est une histoire d’amour, l’amour d’un berger pour la montagne où broutaient ses brebis. Manel était pauvre et analphabète, mais il nous a légué un héritage remarquable.

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Canigou en hiver : un point de vue… personnel

janvier 16th, 2014
 

Au sommet

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« C’est le sentier au sommet qui lui donne un sens. Sans l’expérience du parcours, le sommet n’est rien. Ce n’est qu’un point de vue. Le sentier fusionne les sensations et expériences de notre voyage intérieur avec la grandeur de l’extérieur. »

‘La cumbre mística’, Revista Voluntad, 22, 1 Octobre 1920 (Musée de Torla)

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« C’était quand la dernière fois que tu as fait quelque chose pour la première fois ? »

J’ai vu ce graffiti récemment sur un mur en Espagne et j’en ai fait ma devise. Si je ne fais que répéter les expériences, est-ce que je suis vraiment vivant ?

Tu vas te jeter en parapente ? demande ma sœur. Non, je vais faire le Canigou, je réponds. Mais tu l’as déjà fait dix fois, non ? Jamais en hiver. L’hiver c’est différent.

Jeudi dernier le risque avalanche n’était que deux sur cinq. Ça vous tente, ce weekend, j’ai demandé aux amis randonneurs. Deux ont répondu que oui.

 

Picnic dans la forêt

Picnic dans la forêt

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De Bolquère à Banyuls sur le GR10

novembre 2nd, 2013
 
Merci beaucoup à Dermot Dolan pour cet article et ces belles photos. Voir Son blog.
près du refuge de l'orry sur le GR10

près du refuge de l’Orry sur le GR10

 

La Traversée des Pyrénées était pour moi un périple spécial. Je l’ai commencé il y a deux ans, par accident. Je marchais avec un compagnon suisse et nous avons emprunté le GR10 depuis St-Jean-Pied-de-Port pour rejoindre Irun. Au cours de ces cinq premières journées les montagnes ont volé mon cœur. L’année dernière, 2012, j’ai passé 36 jours marchant de St-Jean-Pied-de-Port à Bolquère.

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Ours, mythes et réalités : Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse

octobre 14th, 2013
 
Ours, mythes et réalités, exposition

Ours, mythes et réalités: dans la caverne

L’exposition « Ours, mythes et réalités » vient d’ouvrir ses portes au Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse. Installée dans une caverne au sous-sol, l’exposition a tout pour plaire : des plus petits qui trouveront un carrousel miniature et d’autres jeux, aux adultes avides d’une perspective globale sur le problème des Pyrénées. Les seules personnes qui risquent de se sentir laissées pour compte sont les éleveurs montagnards qui, eux, voient les dégâts de ‘Martin’, un des surnoms de l’animal en question.

Comme il se doit au Muséum, l’exposition se positionne clairement pour la cohabitation ours–homme.

« Les enjeux liés au maintien de l’ours dans les Pyrénées vont au-delà de la conservation de la biodiversité et reposent avant tout sur la recherche d’une cohabitation entre la diversité des activités humaines et la gestion de la faune sauvage sur un territoire à partager. »

Et ne rechigne pas à appeler aux sentiments :

« Parce qu’ils ont toutes les formes du bébé : une truffe, des oreilles, un ventre rond et pas de crocs quand leur bouche est fermée ; les ours déclenchent un sentiment d’infini tendresse – Boris Cyrulnik

Cette dernière citation est accompagnée d’un jeu d’hologrammes, l’une avec un homme que se cache derrière un arbre. Selon le point de vue, c’est soit un homme, soit un ours. Ou bien l’autre, une femme allaitant son bébé qui devient une ourse avec son ourson.

homme-ours au Muséum de Toulouse

Homme-ours

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Sur le GR11 espagnol avec Hike Pyrenees

août 3rd, 2013
 
Dans la vallée du rio Caldarés, au-dessus des Baños de Panticosa

Dans la vallée du rio Caldarés, au-dessus des Baños de Panticosa

Après quinze ans arpentant les Pyrénées tous les quinze jours, je pense savoir ce qui m’attend. Le 22 juin il n’y aura plus de neige en-deçà de 2800m, bien au-dessus des cols que je vais emprunter. Les glaciers seront en train de rétrécir tout en déversant des torrents d’eau sur la plaine. Je me demande si j’aurai vraiment besoin de mon pantalon long. Mais l’hiver centenaire 2012/2013 a tout chamboulé. Je finis par fourrer la doudoune, les gants, les crampons et le piolet dans mon sac déjà trop lourd.

Je me rends compte que je ne sais pas comment m’arrêter en cas de glissade sur la neige. Aussitôt je fais une recherche sur YouTube et commence à m’exercer en cachette dès que ma femme sort de la maison – histoire de ne pas l’inquiéter. D’abord j’étends une serviette duveteuse blanche sur le parquet dans la chambre, me disant que c’est de la neige. Puis je m’allonge sur le dos, la tête du piolet bien tenue dans ma main droite. Je ferme les yeux. Tout d’un coup, je commence à glisser sur une pente glacée. Je saisis l’autre bout du piolet,  plante la lame dans la serviette et bascule sur le ventre, entrainé par mon accélération. Je me lève sur les bras, enfonçant le piolet dans la serviette. En même temps je pose mes genoux sur le plancher. Les pieds et les crampons doivent rester dégagés : faut pas faire des tonneaux. Ça marche, je m’arrête instantanément.

La deuxième phase de ma préparation est moins physique : j’envoie un email à Phil de Hike Pyrenees. Je lis son blog régulièrement et je calcule que je passerai près de chez lui. J’espère qu’il pourra me donner plus d’informations sur les conditions. Il fait encore mieux. Viens nous rejoindre, répond-t-il.

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Map of the GR10 walk GR10 Hendaye to Gabas GR10 Gabas-Luchon GR10 Luchon to Mérens GR10 Mérens to Banyuls

 
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