Le gypaète barbu et les Pyrénées

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Ubi pecora, ibi vultures, «là où il y a des brebis, il y a des vautours». Entendre : « là où il y a de la richesse, il y a des voleurs ». Ce proverbe latin a peut-être conditionné notre perception des vautours depuis des millénaires. Injustement. Surtout dans le cas du gypaète barbu qui fournit gratuitement un service d’équarrissage.

Un article paru dans Libération le 16 décembre fait le point sur la réintroduction du gypaète barbu dans les Pyrénées françaises (et ailleurs) avec une interview de Michel Terrasse de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

Connu en espagnol sous le nom évocateur de quebrantahuesos (casseur d’os) ce rapace se nourrit principalement des os d’animaux morts, après le passage de son cousin le vautour fauve qui, lui, préfère la chair. Autrefois bien répartis sur le pourtour méditerranéen, dans les années 1960 il n’en restait que dix couples en France. Comme l’ours il était accusé de tous les maux : c’est lui qui tuait les bouquetins. (C’était en réalité plutôt ces fanatiques de la gâchette d’origine anglaise.)

En fait, c’est un rapace qui n’intervient que bien après la mort de l’animal. Avec une technique très particulière : il prend un os de la carcasse et le lâche du ciel pour qu’il se casse sur un rocher. Ensuite il se délecte d’en extraire la moelle.

Le gypaète barbu, un danger pour l’homme ?

La technique, ainsi que le sens aigüe de la poésie du gypaète barbu sont connus depuis l’Antiquité. Selon Pline, le dramaturge grec Eschyle passait la plupart de son temps à l’extérieur ayant été mis en garde contre la chute des objets. Le poète devint ainsi la première personne à trouver la mort après qu’un gypaète barbu, ayant confondu son crâne dégarni pour un rocher, laissa tomber une tortue dessus. Ce fut en 456 avant JC.

Revenons au 21eme siècle. La survie de l’espèce n’est plus une question de protéger les oiseaux de la chasse, depuis l’interdiction globalement respectée. Le problème dorénavant est le dérangement : écobuage, alpinisme, randonnée, et hélicoptère.

Michel Terrasse évoque des réintroductions et un plan pluriannuel de faire une sorte de pont aérien entre les populations des Alpes et des Pyrénées à travers le Massif central. Géolocalisables, ces nouveaux venus sont suivis partout, où qu’ils aillent. Mais il faut en lâcher plus, au moins cinq par an.

Où peut-on voir le gypaète barbu dans les Pyrénées ?

Revilla (g.) et vautour fauve (d.)

Revilla (g.) et vautour fauve (d.)

Aujourd’hui rare, on peut toujours espérer le voir à Revilla en Aragon (Espagne) où sont installées une plateforme de nourrissage et une aire d’observation. J’y en ai vu un, très reconnaissable à travers son queue en forme de losange, mais sans pouvoir le photographier.

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